« Pas besoin d'être une multinationale pour mettre sur pied une stratégie web ambitieuse | Accueil | Exclusif : j'ai demandé aux statues des Serres d'Auteuil ce qu'elles pensaient du déménagement des collections »

10 février 2011

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Albert

Vous vous trompez d'époque. Les barrières de la morale sont tombées. "Tout est devenu possible". Dans l'intérêt supérieur de la France et de quelques uns, il suffira de déclasser le site pour 15 jours, de le reclasser ensuite, et hop, en avant le sponsoring. On parie ?

JeremyBenmoussa

Merci pour cette mise en lumière très intéressante, mais je ne peux m'empêcher d'y apporter une autre piste pour alimenter cette réflexion : les annonceurs sont visibles par le plus grand nombre via les retransmissions télévisées. Même sans avoir de publicité sur le terrain, il est possible de les incruster comme on le voit depuis quelques années dans les matchs de Foot US par exemple.
Il est donc possible de laisser le terrain vierge et de le "remplir" de pub lors des passages télévisés.

D'un point de vue purement économique, il serait délicat (voire impossible) de se passer de sponsors.

Guillaume Buffet

Merci pour cette remarque, Jérémy. Technologiquement possible en effet, de mémoire, cela a même été testé à la télé pendant des matches de foot ou de rugby en France il fut un temps.
Mais ce n'est pas la même chose.
On ne peut pas le gérer partout j'imagine (maillots ?, ...)
Et une partie non négligeable du dossier "sponsoring" est aussi sur place avec les invités et les spectateurs...
Pas certain que les annonceurs acceptent les yeux fermés.
Et peut-être même un risque pour la FFT de perdre les revenus du sponsoring au profit des chaînes ? Je ne sais pas. Ce n'est pas mon métier ! Je ne m'en cache pas...

vincent Ricordeau

Il est purement impossible d'imaginer un Rolland Garros ou tout autre tournoi de tennis sans sponsors. Même les tous petits tournois amateurs en possèdent. Les Primes pour les joueurs pro ne cessent d'augmenter (2,2 Millions de Dollars pour la victoire de Djokovic à Sidney).
Si Rolland Garros veut garder son statut de grand chelem et ne pas le perdre au profit de Madrid par exemple qui postule officiellement depuis quelques années, il ne peut avoir comme objectif que d'augmenter ses revenus...Alors écarter ses sponsors me parait irréalisable.
Rolland Garros est l'évènement national qui a le mieux géré la montée en puissance de ses revenus Sponsoring, Licensing, Merchandising et RP ces dernières années.
J'ai beaucoup de mal à croire qu'une loi bloquante de ce type ne puisse être détourner d'une manière ou d'une autre pour continuer sur cette lancée.
Quant aux critères de sélection d'un site plutôt qu'un autre, il suffit de penser à La Fifa et au Qatar pour comprendre...
Anyway, bonne chance au dossier de Marne la Vallée...

Benjamin Carlottti

J'ai bien aimé votre article jusqu'a ce que je me rende compte que vous n'etiez pas du tout neutre sur le sujet... opinion bien evidemment confirmée par votre derniere phrase "Votez - ou présentez- en votre âme et conscience, pour autre chose qu'une vue sur la Tour Eiffel ou le Château de Versailles". On ne vote pas seulement pour la vue si l'on vote pour la candiature de Paris. On vote pour les 80 ans d'histoire de ce site magique, pour un emplacement en plein coeur de Paris prés du Bois de Boulogne, pour un site que les joueurs adorent (Roger Federer le premier) etc. En plus de cela, les sponsors ont exprimé leur desir de rester a Paris la semaine derniere, et je pense que la plupart d'entre eux ne changeraient pas d'avis meme s'ils ne peuvent pas etre présents sur le nouveau couvert qui serait construit prochainement. Ces sponsors n'investiraient pas autant d'argent et la FFT perdrait certainement quelques millions d'euros au passage, mais comme l'avait souligné le directeur marketing d'un sponsor officiel du tournoi il y a quelques jours, "les client viennent souvent a Roland Garros deux a trois heures pendant l'heure du déjeuner". Si le tournoi avait lieu a Marne la Vallée ou a Gonnesse, deux a trois heures correspondrait probablement au temps d'un aller-retour...
Bonne chance a Marne la Vallée neanmoins....

Guillaume Buffet

@Vincent : merci pour ton analyse "cash" de la situation
@ benjamin : Si les votes ne se font "pas seulement sur la vue", qui pourra alors reprocher aux votants d'avoir choisi tel ou tel projet. C'est ce que j'entendais par "en votre âme et conscience". On ne peut pas travailler sur cet extraordinaire projet sportif sans être beau joueur. Si Marne la Vallée gagne ou perd "à la régulière", je ne m'en offusquerai jamais. Et être attaché à Paris est un droit le plus légitime de tous.
Ensuite, je ne suis pas le mieux placé pour discuter des différents arguments. Mais je me dis toutefois que s'il est indéniable que ceux qui viennent déjeuner depuis le 8è ou le 16è - voire la Défense - y perdront certainement, d'autres pourraient y gagner beaucoup. Et le tournoi avec. Imaginons au hasard un grand réseau bancaire ou un constructeur automobile.
Au lien d'inviter à déjeuner quelques "people" parisiens, ils pourraient grâce au TGV, inviter tous les directeurs de succursales ou de grandes agences avec leurs clients clefs. Pas pour déjeuner, mais pour une journée, avec accueil de qualité, voire sites hôteliers de premier ordre (Marne-la-Vallée s'y connait en la matière). On aurait alors plus d'invités, pour plus longtemps. Par exemple.
J'ai travaillé, il fut un temps, pour l'un des sponsors de Tiger Woods. J'ai retenu de ce champions qu'il a su, quand il était au déjà numéro 1, reprendre son drive à zéro, se remettre en question, pour devenir un champion d'exception.
Pour Roland Garros aussi, pourquoi ne pas accepter de remettre en question les acquis ou les habitudes. Pourquoi la délocalisation ne serait-elle pas une formidable opportunité pour le tournoi, au prix de certains renoncements ? Mais ce n'est pas à moi de juger :+)
Merci en tout cas pour les échanges.

nico7895

Bien des évènements "temporaires" se déroulent pourtant dans des sites classés sans que cela n'empêche les annonceurs de s'exposer sur des supports démontables (il n'est qu'à voir le festival Rock en Seine dans le domaine de Saint-Cloud, j'ai bien souvenir de multiples sollicitations visuelles). Je pense que cette loi doit être facilement contournable...sans passer par un déclassement du site toujours possible.

Daniel GACOIN

Merci tout d'abord de ces informations capitales, objectives et rationnelles, même si l'auteur n'est pas neutre. De toutes les façons, heureusement qu'il n'existe pas de neutralité parfaite, mais des hommes engagés pour des projets, dans des règles du jeu respectées. C'est ce propose l'article de Guillaume Bueffet et c'est tant mieux.

J'ajoute un élément d'information qui semble échapper à quelques personnes. Dans les années 1980-1990 (à l'époque j'étais secrétaire général de l'Association Boulogne-Environnement), le premier projet d'extension de Roland Garros avait été bloqué, pendant plusieurs années, par cette association, et cela a couté très cher à la FFT pour débloquer le dossier). Nul doute que l'association Boulogne Environnement aura dès aujourd'hui tous les arguments pour bloquer de nouveau cette extension, avec tout ce qui vient d'être présenté. De même, il existera du côté de Versailles une association similaire qui sera capable, avec les arguments présentés par M. Contassot, d'engager un bras de fer qui va durer longtemps.
Donc, même si Paris ou Versailles gagnent le challenge aujourd'hui, sur un plan juridique ils auront à batailler pendant 5 à 10 ans avant de s'en sortir... et cela coutera très cher.

On peut penser que c'est une simple affaire juridique, c'est aussi une affaire humaine... En effet l'extension inconsidérée (pour un tournoi qui dure 15 jours) d'espaces construits au détriment de zones vertes (et dans des sites classés historiques) a des répercussions sur un plan humain (bien au-delà des quelques privilégiés du secteur d'Auteuil) et écologique.

Bonne chance donc, dans la clarté des règles du jeu, à Marne La Vallée.

Daniel GACOIN


L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.